André Benchetrit

Romans

Le Livre de Sabine

Récit, éditions Le Rouergue, collection La Brune, 2011.

ce que dit la 4° de couverture

Entre avril et décembre 2003, André Benchetrit tient un carnet d’écriture pour « retenir » la femme qu’il aime, Sabine, atteinte d’un cancer du poumon. Elle s’éteint le 12 décembre, en même temps que sont écrites les dernières lignes. Ils vivent « de l’air du temps. Le temps de la radiothérapie. Le temps des caresses. Le temps des douleurs. Le temps des rires ». Ce temps se vit en accéléré, car la vie se ralentit en Sabine. Il pense qu’elle va guérir, puis il sait qu’elle va mourir. Alors il écrit, une fois rendu chez lui, le quotidien de la maladie et de l’amour, en s’adressant à elle. « Je ne sais pas comment j’en suis venu à procéder de cette manière. Ecrire sur ce cahier en m’adressant à toi. Je crois qu’en ce moment nous habitons un espace entre les vivants et les morts. Et peut-être qu’appréhender cet espace, c’est plus facile pour moi quand je te fais passer de l’autre côté du papier ». Dans cette prose qui file au plus près du mouvement des jours, André Benchetrit n’omet rien des traitements, des difficultés concrètes du quotidien, de la douleur. Mais sa rzala, sa gazelle, est espiègle, résistante, intransigeante, fière. Ils s’aiment et font l’amour. Ils passent des nuits à se parler en se tenant la main. Et c’est un chant de vie qui s’élève, exceptionnel d’émotion et de vérité. Ce texte a été publié une première fois en cinquante exemplaires pour des bibliothèques amies, en 2005, sous la direction de Sébastien Raimondi, des éditions Lignes. André Benchetrit a souhaité le rendre public à titre posthume.

Politis


Photos volées

Récit, éditions Isabelle Sauvage, 2011.

ce que dit la 4° de couverture

Au retour d’un week-end à Madrid avec sa compagne et leur fils, André Benchetrit projette de réunir les photographies de leur séjour dans un « album souvenir » dédié à la femme aimée. Sauf que son ordinateur est volé et, avec lui, l’unique copie de ces photos. Mais « quand tu perds quelque chose, souviens-toi de la perte et cela aura valeur de la chose ». Et André Benchetrit de noter ses souvenirs avant qu’ils ne s’estompent… de tenter de retrouver trace de ces photos, elles-mêmes traces d’un moment. Ce qu’elles donnaient à voir, l’intimité d’un couple avec son enfant, le regard du photographe, parfois intrusif, sur la femme qu’il aime (et réciproquement, de la femme sur l’homme), est ici retranscrit en mots, avec la clarté, la finesse de trait et la simplicité d’une série d’instantanés. Si rien jamais ne saura remplacer les photos perdues, puisqu’« il y a mille sortes de bleus, je sais », André Benchetrit, avec une grande sensibilité, nous fait partager son cheminement dans sa mémoire sans jamais se dérober aux ratés et soubresauts de celle-ci. Cadres retenus, modalités de prises de vue et instants photographiés se télescopent. Ces mots du souvenir, ceux de la perte, font de Photos volées un récit profondément touchant et vivant.

Politis


Le bord de la terre

Roman, éditions L’Une et l’Autre, 2009.

ce que dit la 4° de couverture

Une goule, un bouc, un vampire, un bébé hydrocéphale, une femme squelettique sans bouche, des arbres morts agités de spasmes, un paralytique, des vieilles fées font un bruit épouvantable. Nous les avons vus longer les passerelles, rejoindre la croisée des écoulements. Au milieu de l’île ils gueulent et ils rient, ils donnent des coups de marteau, des montagnes de coups qui roulent, dévalent. Il me dit Papa, c’est un mouvement terrible du bruit, il n’y a pas d’issue, je m’empare du hachoir et j’y vais ! Nous entendons le cri d’une petite fille - un cri déchirant, perçant - comme si quelqu’un s’était emparé d’elle pour la dépecer vive.

Politis


Très-Grande Surface

Très-Grande Surface

Roman, éditions Manifeste/Léo Scheer, 2004.

ce que dit la 4° de couverture

Très-Grande Surface est un livre où l’on rencontre des pamplemousses qui parlent, des voitures qui parlent, des légumes surgelés qui parlent, des images parlantes qui parlent, des animaux qui parlent, des morts qui parlent, des morceaux d’humains qui parlent.

Très-Grande Surface est un livre effrayant. Il y paraît vite normal que la peau humaine se cultive, que les voitures aient une sexualité, que les poupées souffrent et que toutes ces choses puissent être conscientes de leur situation. Dans le monde de la Très-Grande Surface, l’ultraviolence a un goût de sucre et la dénaturation est donnée à vivre comme une fête permanente.

Très-Grande Surface fonctionne comme une machine à visions. C’est un voyage dans la vie intime des marchandises.

Politis - L’Humanité - Jalouse - Le Canard Enchaîné - La Femelle du Requin


Impasse Marteau

Impasse Marteau

Roman, éditions Actes Sud, 1999.

ce que dit la 4° de couverture

Le Ministère de l’Intérieur loge quelques-uns de ses fonctionnaires impasse Marteau où une mystérieuse épidémie de suicides se propage.

Une forme en S constitue le vecteur probable de la transmission du virus à l’origine du mal. Pour éviter d’être contaminé, Ange s’emballe dans des sacs-poubelle. La présence d’une antenne mobile détachée par la sous-direction de l’action sociale du Ministère peut-elle limiter les dégâts ?

Deux enfants de la police - Juliette et Tarouz - sont asthmatiques. Ils recherchent l’air libre en compagnie d’un singe qui existe mais qui n’existe pas. Pendant ce temps, des vivants et des morts enlacés à des textes fantômes errent. Jusqu’à quand ?

Malgré toutes sortes d’apparence, ce roman s’inspire de faits réels.

Mené à un train d’enfer dans une langue aux surprenantes capacités plastiques, ce roman funambule déferle en une ondulation chaotique et délirante et, à la manière d’une BD, capture, transforme et réinvente l’espace.

Car rien ne va plus quand se pulvérisent les frontières entre le Dedans et le Dehors. Dans un monde aussi invraisemblable - et aussi cohérent - qu’un rêve ou qu’un cauchemar, les héros d’André Benchetrit sont, éperdument, à la recherche d’un ailleurs habitable.

Tarn Info - Le Monde Libertaire - Le Soir - Nova - Jalouse - Indications 2000


Le Ventre

Le Ventre

Roman, éditions P.O.L, 1995.

ce que dit la 4° de couverture

Dans Le Ventre il y a des flaques invisibles qui flottent, une chemise à six manches impossible à penser et une langouste qui récite un poème. Dans Le Ventre il y a des lambeaux de monde qui s’effacent, des morceaux de corps qui deviennent insensibles et des mots qui perdent la vie. Dans Le Ventre il y a quelqu’un qui ne veut pas sortir ou qui veut bien, on ne sait pas. Dans Le Ventre ce qui est vrai est incongru ce qui est drôle est inquiétant ce qui est réel ne se dit pas.

Le Matricule des Anges - Le Monde - Le Magazine littéraire - Libération